J'ai des choses, tellement de choses à vous dire, tellement de choses sur le coeur ... Tout a commencé un certain vendredi, où j'avais entendu votre voix. Elle m'a frappé d'un bond. Au coeur, au corps, à l'âme. Je ... les mots ne suffisent pas, mais faisons avec. C'était comme un tambour incessant dans ma cage thoracique, je sentais le mal et le bien. Au fond, une petite voix, comme une sorte de conscience me disait de ne pas m'embarquer dedans. Mais dedans ? Dedans quoi, dedans où ? Je sentais seulement que cette voix, la vôtre, monsieur, allait faire de moi quelque chose d'autre, ou ... ou simplement avoir la certitude que ça allait changer ma vie ... ou presque. Puis ce fut votre visage qui m'a marqué. Au début, sans vous avoir entendu, ou écouté devrais-je dire, j'avoue que vous ne m'étiez pas apparu aussi beau qu'après écoute. Votre visage est maintenant la proie de mes rêves, le fantôme de ma vie. Car vous n'êtes que fantôme, ombre, vous n'êtes rien de plus qu'une illusion, à mes yeux. J'ai appris à le comprendre des mois plus tard. Trop tard, devrait-on dire. Puis cette fascination de vous s'est aggrandie au fil du temps. Un mot est apparu. Je n'ose même pas l'écrire, la honte pèse sur moi. Mais le temps défile & court, mais le temps court & passe, mais le temps file & s'en va, on ne le rattrape pas. Alors je ne rattraperais pas ces souvenirs, alors je ne rattraperais pas mes sentiments antérieurs, alors je ne rattraperais pas ce que j'étais avant, et n'essaierai même pas, je pense. Je ... Tout se complique par votre faute, mais tout semble plus facile en votre présence. Présence toujours en moi ; toujours, depuis toujours, et pour toujours. Puis il y a eu le temps. Le temps, oui, encore lui. Quand on commence à se déccrocher, ou ... ce que l'on croit. On grandit, plutôt, & on pense mieux. On est plus mature. Je crois que l'amour est encore là, mais qu'il est actuellement différent. J'ai dû ouvrir les yeux & m'en rendre compte. Je ne vous aime pas plus, je vous aime différemment. & au fond, ça m'a fait mal, bien sûr, autrefois, mais ... Mais ça ne sera plus douloureux, & ça ne le sera jamais vraiment, parce que tout ce que je pense de Vous n'est qu'image. Tout est dans ma tête, tout est inventé. Alors vous savez, vous serez une de mes plus belles histoires. J'croirai toujours en Vous, quoi qu'il advienne. Je transformerai votre image en moi, si ça ne va pas. Si vous tombez, si vous ... rien. Je crois que je devrais arrêter. Tout ça, tous ces mots, c'est assez pathétique je dois dire. & pourtant, je les pense. Tous. Je ... Il n'y a rien à rajouter. Aucune morale, ni conclusion. Lettre achevée, rêves brisés. & toujours Vous, au dessus de tout ça. Je vous aurais beaucoup aimé, Monsieur. Vraiment.


